Quand un prospect vous répond « rappelez-moi », on peut ressentir un soulagement mêlé d'incertitude : est-ce un vrai intérêt ou une formule de politesse pour se débarrasser de vous ? J'ai vécu ça des centaines de fois. Voici ma méthode structurée et respectueuse pour relancer efficacement sans passer pour un harceleur — des timings aux scripts, en passant par les canaux à privilégier.
Comprendre ce que signifie « rappelez‑moi »
Avant toute chose, il faut interpréter la phrase dans son contexte. Pour moi, « rappelez‑moi » peut vouloir dire :
Intérêt réel mais indisponibilité immédiate (réunion, voyage, priorité client).Curiosité polie : le prospect veut des infos mais n'est pas engagé.Refus déguisé : une manière d'éviter la conversation sans dire non.La clé est d’obtenir une information précise sur le timing et la préférences de contact lors de cette première interaction. Si vous n’avez pas eu ces précisions, votre relance doit d’abord clarifier ce point.
Le timing : quand relancer sans être oppressant
Le bon timing change tout. Voici l'approche que j’utilise :
Immédiatement après l'appel : envoyez un e‑mail ou un SMS de remerciement dans l'heure. C’est court, poli et ça ancre la conversation.Rappel programmé : si le prospect a donné un créneau, respectez‑le scrupuleusement. Appelez à l’heure indiquée et commencez par rappeler le contexte : « Bonjour, comme convenu… ».Si aucun créneau n’était donné : attendez 48–72 heures avant le premier suivi. Ensuite, espacer les relances (une deuxième relance à 7–10 jours, puis 3 semaines), tout en variant les canaux.Varier les canaux — et pourquoi
Relancer via un seul canal, c’est risquer de lasser ou de manquer la bonne fenêtre. Voici un tableau comparatif rapide que j’utilise pour choisir :
| Canal | Force | Quand l'utiliser |
| Appel téléphonique | Direct, conversationnel | Pour confirmer rdv, obtenir engagement |
| E‑mail | Documente la conversation, permet d’inclure pièces | Après appel, pour envoyer proposition ou résumé |
| SMS / WhatsApp | Immédiat et personnel | Rappels de rdv ou demande de réponse rapide |
| LinkedIn | Moins intrusif, professionnel | Si relation à développer, ou pour relancer poliment |
Scripts et modèles pratiques (à adapter)
Voici des formulations que j’utilise et que je conseille d’adapter ton ton et ton offre :
Email post‑appel (dans l'heure) : « Bonjour [Prénom], merci pour cet échange. Comme convenu, je vous rappelle le [résumé bref] — je peux vous envoyer [doc/proposition] si cela vous aide. Quand seriez‑vous disponible pour en discuter ? Bien à vous, [Nom]. »SMS court pour rendez‑vous : « Bonjour [Prénom], c’est [Nom]. On s’était dit qu’on se rappelait — êtes‑vous disponible demain à 10h ou jeudi à 16h ? »Relance 48–72h sans créneau : « Bonjour [Prénom], je reviens vers vous suite à notre conversation. Si l’idée vous intéresse, quel créneau vous conviendrait ? Sinon dites‑le simplement, je m’adapte. »Voicemail quand vous tombez sur répondeur : « Bonjour [Prénom], c’est [Nom] de [Société]. Nous avions évoqué [sujet]. Appelez‑moi au [numéro] ou dites‑moi quand vous voulez que je vous rappelle. Merci ! »Le principe de la permission
Pour ne pas être perçu comme harceleur, j’applique systématiquement le principe de la permission. Concrètement :
Je demande l’autorisation avant d’insister : « Est‑ce que je peux vous relancer la semaine prochaine si je n’ai pas de retour ? »J’offre des options et une porte de sortie : « Si ce n’est pas le bon moment, souhaitez‑vous que je vous recontacte dans 1 ou 3 mois ? »J’enregistre tout dans mon CRM pour ne pas relancer trop tôt ou inutilement.Personnalisation et valeur ajoutée
Un message générique est vite ignoré. À chaque relance, j’essaie d’apporter quelque chose de nouveau :
Un témoignage client pertinent.Un court cas d’usage ou une statistique démontrant un bénéfice concret.Un document à télécharger : étude, fiche produit, tarification simplifiée.Par exemple : « Nous avons aidé [Client similaire] à réduire son cycle de vente de 20% — je peux vous partager le cas concret si vous le souhaitez. »
Gérer les objections et le refus
Quand un prospect oppose un refus ou une hésitation, je n'insiste pas aveuglément. Ma stratégie :
Accueillir l’objection sans contradiction : « Je comprends, merci pour votre franchise. »Reformuler : « Si je comprends bien, votre priorité aujourd’hui est [objection]. »Proposer une alternative non contraignante : « Souhaitez‑vous que je vous envoie un résumé par e‑mail pour que vous le consultiez à tête reposée ? »Si le refus est ferme, je demande la permission de recontacter plus tard : « Puis‑je vous recontacter dans 6 mois pour voir si votre situation a évolué ? »Outils pour automatiser sans déshumaniser
J’utilise quelques outils qui m’aident à suivre sans écraser le prospect :
Un CRM (HubSpot, Pipedrive) pour planifier relances et noter préférences.Outils d’e‑mailing pour séquences légères (Mailshake, Lemlist) — attention à rester personnalisé.Calendriers partagés (Calendly) pour laisser le prospect choisir son créneau.L’automatisation doit servir la relation, pas la remplacer.
Signes qui montrent qu’il faut arrêter
Il est important de savoir lâcher prise. J’arrête les relances si :
Le prospect demande explicitement à ne plus être contacté.Après 3 relances espacées sans réponse et sans signe d’intérêt.Les relances commencent à devenir répétitives et sans valeur ajoutée.L’objectif est d’entretenir une réputation professionnelle : un bon commercial sait persister sans devenir intrusif.
Relancer, c’est avant tout une question de respect, de timing et de valeur. En combinant un suivi structuré, des messages personnalisés et la permission explicite, on peut transformer un « rappelez‑moi » en une opportunité réelle — sans jamais franchir la ligne du harcèlement.